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Lavoir 

Au sommet d’une colline, classée comme site, une vieille chapelle est encore debout. Isolé à l'est du village, dominant le petit ruisseau de Lavoir, ce monument classé, fut construit en moellons calcaires sur les vestiges d’un sanctuaire médiéval correspondant à une partie de la nef actuelle. Remaniée au fil du temps, l'église comprend une tour carrée, une nef unique, un chœur à trois pans et deux sacristies. L’église est entourée de son vieux cimetière. En 1962, lors des terrassements pour l’agrandissement du cimetière, des substructions apparaissent. L’emplacement, propice à la défense, donne à penser qu’il s’agissait d’une ancienne fortification ou d'une église plus ancienne.

Aux confins des terres de Hesbaye, le village de Lavoir figure parmi les coins les plus pittoresques.

Photo : L’église Saint Hubert à Lavoir 


Extrait de L’èglise di Lavu, poème rédigé par un Héronnais
(JAMART, J., Louis Noiset de Héron, in DELGAUDINNE, T., R. JADOUL, J. JAMART, Couthuin, Héron, Lavoir, Waret-l’Evêque, le chemin des écoliers, Flémalle, 1998, p. 271-284

Dissus l’grand bleû cîr,
Ene tote vîye tchapèle,
Fête di grïses pïres
Et saqwants poûtrèlls.

A l’copète d’on pré,
Elle avize tote fîre
Prète à s’èvoler
Adlé l’grond sint Pîre.

Elle èst po Lavu
L’èglise colèjiyâle
Tofer à l’afut,
Po s’wârder dè diâle.

C’è-st-on ritche tâviê
On r’lûhant trésôr,
Qwand l’solo lî fêt
Eune grande corone d’ôr.

Louis Noiset (Héron, 1908-1992)




Autrefois appelée Cense de Verve, la ferme de Ver était une possession de l’abbaye de Floreffe depuis le XIIe siècle. A la fin du XVIIIe siècle, elle sera rachetée par deux chanoines. Les constructions actuelles datent des XVIIe et XVIIIe siècles et ont été remanié au XIXe siècle. L’ancienne étable, récemment aménagée en galerie d’art, remarquable lieu d’exposition, présente une merveilleuse charpente du XIIe siècle qui rappelle les temps anciens où les charpentiers pratiquaient les assemblages à mortaise et tenon. 

Photo : Lavoir : ferme de Ver 

Une légende : " Louis Tinson, le voleur de Porte-Rouge " (BARON, M., Le voleur de Porte-Rouge, in Vers l’Avenir, septembre 1998, p. 12.)  

"C’était un samedi après-midi. Le 17 novembre 1781 plus précisément. Louis Tinson poussait la porte du cabaret de Joseph à Boingt. Là, il se mit à boire des pintes avec son ami Antoine. Deux heures plus tard, les larrons quittaient les lieux en titubant...
La nuit, deux vaches étaient volées à la ferme de Porte-Rouge ! En suivant les traces des pas, les hommes de loi arrivèrent au bois de la Bolette. Louis Tinson y était avec son butin. Il fut arrêté et jugé à la cour de justice de Boingt. La sentence fut sévère : il serait pendu et étranglé à une potence jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ainsi périt Louis Tinson, le voleur de vaches de Porte-Rouge. La potence se situait dans un pré entre Boingt et Oteppe, au nord de la ferme de Ver qui faisait alors partie de la paroisse de Héron."
 

Photo : Lavoir : le moulin de Ferrières 


Dans le fond du village de Lavoir, une prairie humide plantée de vieux saules têtards longeant le ruisseau sinueux borde le moulin de Ferrières. Si la présence de ce dernier est attestée depuis le XIe siècle, les bâtiments actuels datent du XVIIe siècle. Le moulin possède encore une vieille roue à eauqui ne fonctionne plus aujourd'hui. Le meunier moud encore son grain sur de vieilles meules en pierre.

A Lavoir, les vieilles constructions se groupent sur la rive droite et à flanc de coteau du ruisseau dénommé le Hérédia, toutes construites en calcaire. Des carrières de pierre et des mines de fer étaient exploitées à Lavoir. Le mot " Lavoir " viendrait d’ailleurs de " lavatorium ", vulgairement " laveu ", désignant un endroit où on lave. L’exploitation du fer demandait en effet des réservoirs où on lavait les produits des " bures " (puits) établis le long du ruisseau.  

Photo : Lavoir : le Ruisseau de Lavoir